La collaboration Upper Shoes x Emilie Patine : découverte du métier de coloriste sur cuir

Vous connaissez maintenant notre affection pour les chaussures, mais aussi pour les beaux savoir-faire. Nous avons visité le magasin parisien d’Upper Shoes et avons eu la chance d’interviewer l’équipe du magasin, dont Emilie, créatrice de la société “Emilie Patine”. On va s’en mettre plein les doigts et plein les yeux !

Upper Shoes : une enseigne, une idée

À l’origine de cette entreprise, on trouve Vincent Chauvin qui décide d’ouvrir une boutique de souliers hauts-de-gamme à Lyon au début des années 2000. Par le rachat d’une boutique Church’s, Vincent se plonge de manière autonome dans le monde de l’offre retail haut de gamme. L’offre est alors particulièrement pauvre dans ce secteur, et l’entreprise croît rapidement, ouvrant trois autres boutiques, dont une dédiée aux femmes.


L’idée maîtresse qui a guidé Vincent Chauvin, c’est d’offrir des paires de chaussures manufacturées (non sous-traitées) exclusives, aux designs, aux patiness et à la confection particulièrement soignés, parfois audacieux. La philosophie de la maison : offrir ce que nul ne peut trouver ailleurs. Les collaborations entre l’enseigne et les marques qu’elle propose sont en effet nombreuses : une couleur exclusivement développée en collaboration avec Carmina, ou encore des modèles Heschung aux cuirs légèrement différents.

Heschung Upper shoes

La collaboration upper shoes x Heschung.


Xavier Candat est associé à Vincent Chauvin et il est directeur de la boutique parisienne, rue Caumartin, depuis janvier 2014. Il a oeuvré pendant 11 ans chez John Lobb à la direction commerciale, et 7 ans chez Edward Green en tant que directeur des ventes. Fort de cette expérience et passionné de chaussures, Xavier Candat propose une petite dizaine de marques, certaines prestigieuses, d’autres beaucoup plus confidentielles : Alden, Church’s, Corthay, Edward Green, Santoni, Rancourt, Robert Clergerie, Heschung.

xavier candat

Xavier Candat, directeur du magasin upper shoes à Paris. Crédits photo : firstluxe mag.


Chez Upper shoes, le client type est avant tout un calcéophile : un passionné de belles chaussures. Trentenaire ou quadra, il est peut-être le client d’une seule marque qu’il connaît au préalable, ou bien souhaite-t-il se faire conseiller pour en découvrir de nouvelles. Sexagénaire et plus, il se tourne vers les classiques de chez Church’s. La boutique jouit enfin d’une grosse clientèle de quartier et d’un bouche à oreille particulièrement positif.

corthayLes projets fusent autour de la boutique parisienne : côté chaussures, on note par exemple une future collaboration avec Cheaney, autour d’une paire de boots aviateur en cuir noir et doublée en mouton, ainsi que d’une paire de country shoes.

Upper shoes ouvrira également très prochainement un salon cireur à l’aéroport Roissy Charles de Gaulles.


Sachez enfin que la boutique parisienne fêtera ses 1 an le 16 avril, l’occasion pour vous d’y boire un verre et de découvrir quelques unes des dernières collaborations.

La collaboration Upper shoes x Emilie Patine

Emilie et les gérants d’Upper shoes se sont rencontrés il y a quelques mois. C’est dans une optique “gagnant-gagnant” qu’Emilie s’est installée dans les locaux d’Upper Shoes de la rue Caumartin.

emilie patine équipe upper shoes

L’équipe du magasin, avec Emilie.


En effet, la sélection multimarque et haut-de-gamme d’Upper Shoes lui permettent de discuter et de travailler pour les clients du magasin. Elle bénéficie de plus d’un point de chute connu de tous, où vous pouvez d’ailleurs la rencontrer, et lui demander de s’occuper de vos petits souliers (Loding ou Corthay, peu importe !).

Emilie Patine : un parcours, un univers

Emilie est coloriste sur cuir : son métier consiste à créer des patines, principalement sur souliers, ceintures et sacs. L’histoire moderne de la patine est étroitement liée à Olga Berlutti, qui l’a popularisée dans les années 1980/1990.


L’art de la patine consiste en premier lieu à donner un aspect vieilli, vintage à votre chaussure (ou à tout autre pièce en cuir) sans avoir à attendre tant et tant d’années. La patine permet également, aujourd’hui, de redonner vie à des paires de souliers ayant vieilli. C’est enfin une solution pour changer de couleur de soulier sans avoir à en racheter de nouveaux. Comme nous l’a confié Emilie : “j’ai un client qui, tous les trois mois, change la couleur de ses chaussures”. Une habitude d’élégant, à n’en pas douter !

Emilie patine bwyw

Emilie, en pleine discussion près de son petit atelier.

Son parcours

De par ses études, Emilie a toujours eu un pied en art, et plus particulièrement dans les couleurs : étudiante en graphismes pendant trois ans, puis en architecture, pendant deux ans, Emilie a par la suite exposé ses peintures.

C’est au hasard d’une rencontre, et d’une personne – qu’elle remercie encore aujourd’hui – que naît la passion d’Emilie pour l’art de la patine, il y a un peu plus de sept ans. À l’époque, son exercice préféré était de tester coloris en tous genres sur des chutes de cuirs.

emilie patine

Il y a quatre ans, Emilie a commencé à travailler dans l’usine de Corthay, puis à la boutique le week end (rue Volney). Il n’y a évidemment pas de formation pour ce métier : tout se fait donc de maître à apprenti, puis, en auto-didacte. La plus grande partie de la formation se fait directement sur le terrain, au fur et à mesure du temps et des souliers bichonnés.

En 2012, elle décide de créer son auto entreprise, et travaille notamment pour septième largeur que nous vous avons déjà présenté. Elle a toujours travaillé de manière indépendante depuis lors.


Grâce au bouche à oreille, Emilie s’est créée une clientèle particulièrement fidèle, qui suit ses réalisations au fil de ses posts sur les réseaux sociaux. Elle travaille aujourd’hui chez Upper Shoes et en collaboration avec plusieurs marques dont Louboutin.  Elle fait partie de la dizaine de coloristes professionnels qui officient actuellement sur Paris.

Quelle clientèle ?

La grande majorité de sa clientèle (80%) est masculine, et pour cause : peu de femmes prennent réellement soin de leurs pièces en cuir, de leurs sacs ou de leurs chaussures. Le cuir est pourtant une matière vivante, réagissant aux éléments extérieurs – températures, intempéries, crêmes, cirages. L’un des objectif principaux d’Emilie est par ailleurs de faire connaitre le métier de coloriste sur cuir à cette clientèle. La maroquinerie féminine s’entretient effectivement comme toute autre pièce en cuir.

atelier emilie patine

De manière plus générale, Emilie voit d’un très bon oeil l’arrivée de cette jeune génération de “dandys” souhaitant investir dans des vêtements et des chaussures de qualité, uniques. Le moyen de les séduire ? Expliquer sa passion, son métier, son savoir-faire à cette jeune génération, de la manière la plus pédagogique qui soit. Nous apprécions particulièrement cette idée d’appropriation par les jeunes.

Le geste

Lorsqu’un client apporte à Emilie une paire ayant déjà subi un aplat couleur (par opposition à une paire prêt-à-patiner, qui aura une teinte très claire), la première étape consistera à décaper la paire. Cette étape peut s’avérer particulièrement sensible, ou bien particulièrement longue, suivant le cuir utilisé (et le procédé de tannage utilisé par la tannerie d’origine du cuir, procédé toujours tenu secret).

7eme largeur à patiner

Un modèle de 7ème Largeur prêt à pâtiner.


Les étapes restent ensuite les mêmes, peu importe la paire :

  • Emilie et son client décident ensemble de la patine que va recevoir la chaussure
  • Emilie pose un premier aplat couleur, le plus clair (par exemple, pour une patine “vieux bois”, un marron clair)

emilie patine 2eme_

  • Une deuxième couche d’aplat couleur en dégradé, plus foncée.
  • Une troisième couche de couleur, encore plus foncée, destinée aux finitions de la chaussure.
  • Enfin, dernière étape, celle que préfère Emilie : le glaçage de la chaussure et le dernier coup de pinceau.

Dans sa volonté de démocratiser la pratique de la patine, Emilie propose des tarifs tout à fait abordables : 80 euros la paire de souliers, 100 euros le sac. Pour des pièces plus conséquentes, Emilie peut proposer des devis. Enfin, étant passée par une formation artistique et sachant dessiner, Emilie peut être amenée à dessiner des portraits ou des motifs sur certaines chaussures, de manière exceptionnelle et sur devis également.

 

Durant les prochains mois, Emilie s’attellera à divers projets professionnels particulièrement intéressants : la création de sa propre gamme de teintures (afin de faciliter la patine, d’éviter la surconsommation de produits) et celle d’un projet secret, défini par trois mots seuls :

Inconnu – Union – Magie.

 

À notre tour : notre projet sera officiellement révélé jeudi 9 avril 2015 ! Si vous voulez le connaître avant les autres, c’est votre dernière chance ! Nous le révélerons un peu avant par email à nos abonnés.

Le Lancement officiel sera ensuite dimanche, et là encore, les abonnés en auront la primeur 🙂

Une seule façon de procéder, laissez-nous votre email par ici :

 

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