Sortie du Projet secret #2 : BW-YW x Sébastien Blondin

Nous adorons les challenges, et nous tentons d’en relever depuis le début de notre aventure. D’abord en apportant notre propre vision de la mode masculine dans la blogosphère, et plus récemment, en collaborant avec Revenge Hom et Emilie Patine pour la création d’une ceinture de luxe, unique, à prix raisonnable. Nous ne souhaitions pas nous arrêter là, et avons relevé un défi d’autant plus important qu’il est totalement unique en France.

Depuis plusieurs mois, nous nous battons pour que nos lecteurs ne considèrent plus le tee-shirt comme un simple “jetable” basique mais bien comme une pièce à part entière, potentiellement intéressante. Nous avons pris le problème à bras le corps, et nous vous proposons aujourd’hui une collaboration exclusive, entre l’équipe du blog Be What You Wear et le créateur Sébastien Blondin, sur une série de quatre tees-shirts.

Pourquoi produire un tee-shirt ?

Comme je vous le disais, le tee-shirt est une pièce qui souffre d’un manque flagrant d’intérêt. C’est d’autant plus étonnant que le tee shirt constitue, en été, la base d’une tenue, et en hiver, une sous-couche qui peut ajouter du peps à une tenue. Nous pensons par ailleurs que le tee-shirt prendra une importance de plus en plus grande ces prochaines années : l’une des grandes tendances de fond, dans l’univers de la mode, c’est “l’effeuillage” et la décontraction progressifs de nos tenues. Plus les années passent, et moins nous portons de costumes, ou de couches différentes. Songez qu’à l’origine, le tee-shirt est un simple sous-vêtement.
tee_shirt_johnny

C’est clairement le genre de sous-vêtements qu’on ne cautionne pas. Oui, nous avons fait mieux.

On trouve donc, aujourd’hui, un grand soin apporté aux tees-shirts proposés par les marques hauts-de-gamme. Autrefois pièces simples et invisibles, le tee-shirt a pu revêtir une dimension iconique (dans le streetwear, on pense par exemple aux tees-shirts Supreme), ou bien concentrer le savoir-faire créatif des grands noms de la scène stylistique.

Après nos ceintures, nous souhaitions créer une pièce un peu plus “facile” et accessible sans rogner ni sur la qualité, ni sur l’aspect “création” de nos produits.La maille s’est imposée d’elle-même, puis le tee-shirt, pièce simple pour débuter, mais offrant un grand nombre de possibilité en terme de stylisme.

Pourquoi collaborer avec Sébastien Blondin ?

Nous connaissons Sébastien depuis bientôt deux ans, Sidney avait écrit un bel article, à l’époque. Nous suivons depuis Sébastien, son évolution et son travail. La qualité des finitions, pour chaque pièce, ainsi que sa véritable empreinte artistique nous ont toujours particulièrement intéressés. Lorsque nous avons commencé à discuter de la création de nos tees-shirts, l’équipe Be What You Wear s’est très rapidement penché sur le cas de Sébastien : il nous fallait quelqu’un avec une solide expertise professionnelle, qui pourrait cadrer nos envies, nous aider et nous accompagner dans nos démarches, tout en défendant nos partis-pris stylistiques.

Sébastien Blondin

Sébastien nous semblait réunir tous ces critères. RDV fut pris rapidement, nous nous mîmes au travail : c’était il y a 6 mois.

Nous avons très rapidement fait part à Sébastien de notre projet ambitieux : créer un tee-shirt haut de gamme, accessible, avec un vrai parti-pris créatif. Nous souhaitions une collaboration profonde : nous avons donc créer un tout nouveau tee-shirt, sans nous soucier de ce que Sébastien avait déjà produit ou souhaité produire par la suite.

En somme, collaborer sur un produit unique.

Première étape : la création de nos moodboards respectifs (un pour le tee shirt Jérémy, un pour le tee shirt Adrien, nous avions tous les deux des envies différentes). Le but d’un moodboard est d’identifier l’univers, l’identité visuelle dans lequel notre produit s’inscrira : c’est une étape indispensable dans le processus créatif.

Le processus créatif : de l’idée au produit

Jérémy souhaitait inscrire sa pièce dans un univers workwear marqué. En effet, Jérémy affectionne beaucoup les vêtements durables et pratiques (quand il sort de ses costumes). Pour rappel, le workwear est constitué de vêtements de bucherons, de chercheurs d’or, d’ouvriers. On vous en avait déjà parlé ici.

Moodboard J 1

Le moodboard de Jeremy s’inscrit pleinement dans cette direction : les photos choisies évoquent clairement le travail des cheminots, ouvriers. En termes de codes, on repère notamment de nombreux foulards, salopettes, bretelles.

Moodboard J 2

Ouuuh les belles salopettes.

 

Sébastien nous a également demandé de lui fournir des directions concernant les matières, les coupes et les tees-shirts qui nous inspiraient. La plupart des tees-shirts un peu “bruts” déjà présents sur le marché sont confectionnés en lin. Jeremy souhaitait garder un côté brut, une belle matière sans être “cliché”.

Moodboard J 3
Beaucoup d’inspirations différentes dans ces premières recherches. Le côté “granuleux” apparaît toutefois sur certaines des photos.

Du côté d’Adrien

De mon côté, je souhaitais créer un tee-shirt plus urbain, ancré dans un imaginaire tout à fait différent. Pratiquant le hip-hop, et passant tous les jours place de la République, près des skateboardeurs, j’ai forcément été influencé par ces cultures. Je voulais créer un mix, portable, mais unique.

moodboard A 1

Mes premières recherches m’ont conduit à travailler sur des ambiances très bétonnés.

 

Dans l’idée, je souhaitais créer un tee shirt avec un gros parti-pris de créateur, mais toutefois polyvalent. En fait, mon but était de créer un tee-shirt “toutes saisons”, que l’on pourrait porter seul en été, et en première couche lorsque la température baisse. C’est délicat avec les tees-shirts imprimés, et complètement inutiles avec les tees shirts classiques, trop courts.

moodboard A 2

Quelques inspirations, des tenues que je trouve intéressantes dans cette optique.

 

Il existe déjà un certain nombre de tees shirt longs, très simples : soit proposés par les grandes chaînes mainstream, soit par des créateurs qui gardent un côté très basique en terme de coupe et de tissus (on pense aux marques scandinaves qui proposent de belles choses de ce côté là). Je souhaitais rendre le tee-shirt vraiment unique, et apposer des empiècements simples, dans des couleurs ultra faciles.

moodboard A 3

Mes recherches, pour les empiècements, m’ont conduit vers des tissus plus “organiques”, parfois des imprimés exotiques.

 

Après avoir travaillé et retravaillé nos moodboards, Sébastien a pu se lancer dans la recherche créative pure : c’est là que le styliste/dessinateur prend le relais pour nous faire cinq propositions environ.

À ce stade du processus créatif, nous discutons ensemble, privilégions les détails que nous aimons, et nous en écartons d’autres. Nous avons continué de nous voir pendant ces quelques semaines, chaque RDV durant plusieurs heures. Il nous a finalement fallu choisir une forme finale, avec les matières correspondantes.

Quels choix de matières ?

Jérémy s’est décidé pour un tee-shirt qui rappellerait la blouse/salopette des ouvriers, mais en trompe l’oeil. Pour ce faire, Jérémy est parti sur un tee-shirt bi-matière : jersey de coton blanc (classique) et piqué de coton bleu marine. Tous les jerseys que nous avons choisis sont fabriqués en France, le piqué de coton, quant à lui, provient d’Italie (inutile de vous rappeler que l’Italie possède de très grands savoir faire en terme de maille). Pour rappel, le piqué de coton est habituellement utilisé pour la confection de polos. Ici, le piqué possède de multiples avantages :
– Il possède un certain aspect “granuleux” qui correspondait bien aux envies de Jérémy.
– Il est très indiqué en été (à l’origine, le piqué de coton était utilisé par les tennisman, car il est à la fois élégant et respirant).
– Il tient très bien aux lavages, le tissage est solide.
– Il assure une certaine tenue aux tees shirts (car plus lourd que le jersey simple). Sur les épaules, il tient bien le buste, sur le reste du corps, il permet d’avoir un tombé vraiment différent.
zoom

En zoom, le coton piqué bleu marine du tee shirt Jérémy, le jersey blanc, et la résille d’Adrien.

 

Pour le tee-shirt Adrien, j’ai donc opté pour un tee-shirt long avec empiècements. Jérémy et moi avons souhaité des tees-shirts de créateur mais portables par un maximum de personnes, nous avons préféré choisir des couleurs simples (blanc, bleu, gris, noir). Pour mon tee-shirt, nous avons donc utilisé le même jersey blanc, un jersey noir, ainsi qu’une résille grise pour les empiècements.
De fait, la recherches des matières était un peu moins décisive pour mon tee que pour celui de Jérémy : le travail se concentrerait plutôt sur la coupe.

zoom tee

Un zoom un peu vénère sur la résille, que Sébastien m’a dénichée, et qui correspondait très exactement à ce que je recherchais.

 

Sébastien, enfin, a pu travaillé de manière plus concrète sur la construction 3D du tee shirt, sur mannequin, puis en réalisant le patron. C’est une étape importante qui permet de passer du stylisme, du dessin, de l’idée de base, à la pièce elle même. Il faut donc vérifier le droit fil, la symétrie des différentes parties du tee shirt, leur bonne proportion.

Lorsque nous avons validé nos patrons respectifs, nous avons pu entamer la phase de prototypage, puis la phase de gradation (c’est à dire, le transfert du prototype taille M dans toutes les autres tailles : xs, s, m, l, xl). Enfin, une fois ces étapes validées, le tout a été envoyé à l’atelier.

Une confection Made In France

Vous savez certainement à quel point la réalisation éthique de nos pièces est importante à nos yeux. Nous souhaitons réaliser de beaux produits, et de la meilleure des façons. Sébastien a toujours travaillé avec des atelier français, et nous a proposé de faire confectionner nos tees-shirts dans l’atelier de maille avec lequel il collabore habituellement. C’est une décision importante à nos yeux :
– Nous avons pu nous-même visiter l’atelier, discuter avec les gérants, et observer de très près la confection de nos pièces.
– C’est un gain de temps et de transport incroyables.
– C’est un surcoût en terme de main d’oeuvre, mais c’est également un point fort concernant la qualité des opérations réalisées, et notamment des finitions.

Les étapes de production

Nous avons donc pu aller à l’atelier, et parler directement avec les gérants. C’est une entreprise familiale parisienne, spécialisée dans la maille, avec laquelle Sébastien collabore depuis ses tous débuts. L’atelier lui-même est relativement petit (avec sa petite dizaine d’employés). Nous avons été reçus de manière très cordiale, et avons pu discuter pendant plusieurs heures pour comprendre les spécificités de l’atelier, mais également du travail de la maille (il faudrait un article entier pour expliquer le travail des jauges, de la découpe, du tricot, on fera ça un jour !).

La première étape, c’est la découpe du tissu en plusieurs parties, d’après le patron. On superpose les diverses couches de tissus (leur nombre diffère suivant l’épaisseur du tissu), et on les découpe en suivant la craie, grâce à des ciseaux industriels (aucun blogueur n’a été blessé durant la visite).

machine coupeuse

Note : ce sont des petits ciseaux, vous vous en doutez, mais cela suffit pour des pièces comme nos tees shirts !

 

Après la découpe, on passe directement à la première étape d’assemblage : le buste, ainsi que les divers empiècements sont cousus.

couture nesemble

On se retrouve avec un marcel sans manche. Heureusement, on ne s’arrête pas là !

 

Un premier repassage du tee shirt permet de bien vérifier que tout est OK, et de préparer la suite.

repassage

“Et ça chauffe à quelle température ?
– Euh, très chaud, vraiment très chaud.”

 

Les manches et le col sont finalement ajoutés, c’est l’étape “finitions”, celle qui permet d’obtenir le tee-shirt final.

finitions

Le tee shirt passe enfin dans des mains expertes, tous les fils sont ainsi vérifiés, et repiqués si nécessaires. L’objectif : des finitions impeccables, aucun fil ne dépassant, et une grande durée de vie du produit (aucun risque qu’un fil ne se casse).

repiquage

Enfin, on coud les étiquettes, et le tee-shirt est repassé une toute dernière fois avant d’être emballé.

adrien sidney

Un premier aperçu du résultat final, mais vous en aurez bien plus dès samedi !

 

l’envers du décor. Sachez que dès samedi, nous vous offrirons plus d’images des tee-shirts, puis nous vous dirons comment le porter.

Nous avons décidé de nous mettre à la portée de tous, et de produire un tee shirt de grande qualité accessible à tous – le tee shirt sera vendu à moins de cent euros. Pour ceux qui souhaiteraient commander le produit en avant première – il y a seulement 100 tee-shirts en tout et pour tout, soit 25 par coloris, soit quelques uns par taille seulement – inscrivez-vous à la newsletter !

[wps_custom_form id=”0″]

S'inscrire à la Newsletter

Mode, Style, Tendance, Lifestyle et tests produits. Une fois par semaine.

Merci pour votre inscription.

Quelque chose n'a pas fonctionné.

Vous aimerez également

2 réflexions au sujet de “Sortie du Projet secret #2 : BW-YW x Sébastien Blondin

Laisser un commentaire

Partagez
Tweetez
+1
Enregistrer
Partagez
Lire les articles précédents :
Test : Garmin Forerunner 225, pour courir plus vite comme un pro.

Je courais depuis quelques temps avec un cardiofrequencemetre basique de chez Polar, et lorgnait de fait depuis longtemps sur les...

Fermer