Guillaume de Men Need More Style nous parle de style, de musique et de marques.

Vous le savez, si nous aimons particulièrement vous raconter de belles histoires, nous aimons aussi vous faire découvrir des personnes que nous avons rencontrées. Aujourd’hui, nous allons parler de Guillaume Bo, de la très bonne page Men Need More Style, des marques qu’il aime et qu’il défend, ainsi que de sa vision du style. Accroche toi bien Marcel, ça c’est un article qui décoiffe !

Tout a commencé quand Facebook m’a suggéré des amis, dont Guillaume !
Tiens, ce monsieur est plutôt bien vêtu, ah il a une page, ah ses conseils sont vraiment intéressants, ah nous avons des amis en communs, bon ben, ajoutons-le et discutons un peu.

Après quelques semaines / mois à échanger sur Facebook autour de quelques marques et de notre vision du style masculin, j’ai eu le plaisir de partager une visioconférence plus que sympathique avec Guillaume. Cet article en est, en quelque sorte, le résultat direct.

Guillaume bo et Fabio Attanasio

À gauche, Fabio Attanasio de The Bespoke Dudes, à droite, Guillaume, fondateur de Men Need More Style.

Une certaine vision du style – Men Need More Style

En préambule, nous dirons que Guillaume n’a pas pour seul objectif et motivation l’esthétisme en soi. Pour lui, le vêtement et le style sont parties intégrantes de domaines plus généraux : politique, économie, tendances, sous-culture… Il ne s’agit pas simplement de s’habiller, mais de le faire pour soi, sans se ruiner, avec goût : en somme, de manière raisonnée (nota : quoiqu’il soit parfois difficile d’être raisonnablement raisonnable devant une belle paire de Balmoral). Mais plutôt que de parler en son nom, laissons lui la parole !

Bw-Yw : Guillaume, peut-tu nous parler un peu de ta vision du style masculin et de tout ce qu’il représente pour toi ?

Guillaume : Nous risquons d’y passer des heures, tu sais… Au delà de la sempiternelle rengaine concernant le fait que par ce biais tu te sentes beau, que tu donnes une meilleure image de toi-même, etc… Je dirais tout simplement que l’élégance classique mais pas datée que je défends via MNM’s (Men Need More style ndlr) est une porte, une ouverture, un socle sur lequel se reposer. Ce socle est à l’image des fondations d’une maison, des gammes d’un musicien, de l’entrainement physique d’un sportif. Ce n’est pas le plus excitant au début mais c’est indispensable et nécessaire pour ensuite s’exprimer au mieux. Et ce socle offre l’avantage de nous offrir un patrimoine commun, par le biais des règles, des codes, des usages. Le vestiaire masculin classique est finalement très balisé, à l’inverse des nanas qui en gros peuvent faire tout et n’importe quoi. Modes et « tennnndances » obligent… nous, les gars, sommes tenus de respecter pas mal de règles, ce qui peut être perçu comme un carcan d’ailleurs au début, mais c’est tout l’inverse ! Libre à nous de les utiliser comme nous l’entendons ensuite mais le simple fait que nous ayons ces bases communes nous permet de nous comprendre. Ça créé du lien. Important, non, par les temps qui courent ?!
Ça oblige à avoir une certaine retenue aussi, une attitude. « On ne naît pas Gentleman, on le devient ! »
Et c’est accessible à tout le monde. Ce n’est plus réservé à une petite caste de privilégiés comme ce fut le cas pendant des siècles. D’où mon obsession du partage du mieux au meilleur prix, d’où mon besoin de diffuser des images qui inspirent, qui donnent envie, d’où mon leitmotiv : bouge toi, le manque de moyens n’est pas une excuse, bouge toi, tu as tout à y gagner.

Bw-Yw : tu représentes et / ou promeut aujourd’hui des marques comme Gran sasso, Herring, Ingram…
Nous allons voir ces marques plus en détail ensuite, mais peux-tu nous dire comment tu en es arrivé là ?

Guillaume : Par hasard, par envie, et par les rencontres. J’ai travaillé au début des années 2000 pour quelques marques en France, mais le vrai point de départ se situe, je dirais, à San Francisco, par le biais des gars de Brooklyn Circus et plus particulièrement Quincy.
Ils m’ont fait réaliser que je devais capitaliser sur/avec mon style, notamment par le biais de leurs événements et de leurs soirées où les personnes que je rencontrais me complimentaient régulièrement sur mon style. On me demandait ensuite ce que je faisais pour vivre, si j’avais une carte…
Ensuite tout s’est enchaîné assez naturellement. MNM’s est né à Montréal, dans une période où j’avais du temps. C’est également à cette époque que j’ai réalisé ma compil « best of 90s French Rap » avec l’intro d’Oxmo Puccino.
J’avais Facebook à disposition : je l’utilisais souvent pour d’autres pages comme Transformerz /Turntable dragunZ, et je me suis donc dit que c’était le média idéal pour partager mes idées. Gratuit, pratique, ludique : que demander de plus ? Le succès a été quasi immédiat. À Montréal, les community managers et autres professionnels me demandaient régulièrement la manière dont je procédais. Ils étaient estomaqués par la notoriété acquise en si peu de temps. Je crois que je suis surtout arrivé au bon moment et que je me distinguais par l’éditorial, l’écrit, le contenu, ainsi que par des prises de position très claires et pas politiquement correctes.
En outre, je ne me contente pas de balancer des images ou de dispatcher des clichés. J’aime le débat, les échanges et je suis toujours allé dans ce sens – même si je demeure relativement classique.
Je vois MNM’s comme un blog/site et pas comme une simple page. Il y a peu de temps, Laurent de Milanese special selection m’a fait part du désir de certains de mes fans qu’un site à proprement parler voir le jour. On m’a fait des offres, mais les propositions ne me satisfaisaient pas. Si ça doit avoir lieu, je veux du beau, du lourd, du bon.
Je sais que ce qui intrigue aussi c’est d’imaginer que je puisse « être dans le rap/hip hop », que je puisse être un acteur de cette culture depuis plus de 20 ans. Je ne vois absolument rien, moi, qui soit si étrange… D’ailleurs, tous mes potes dans ce milieu – ou tous les gens qui me connaissaient dans ce monde – sont les premiers à me dire qu’ils adorent ce que je fais.
Le rap n’est pas un bloc uniforme, monolithique peuplé d’analphabètes et d’abrutis, même si les médias ont toujours essayé de le faire croire. D’ailleurs, rien que pour ça, je suis content d’être désormais une des voix sartoriales qui soit diffusée et que tu me proposes cet entretien par exemple.

Parlons maintenant des marques que nous citions plus haut…

A la découverte de quelques marques méconnues en France

Gran Sasso

Voici ce que nous trouvons sur leur site en fouillant un peu (traduit de l’anglais) :

« L’histoire de Maglificio Gran Sasso commence en 1952 dans le petit village de Sant’Egidio alla Vibrata, situé juste au sud de la frontière entre les Marches et les Abruzzes, grâce à l’esprit d’entreprise des quatre frères : Nello, Eraldo, Alceo et Francesco Di Stefano. »
Ah ça, avec la team, ça nous plaît : une belle histoire qui date un peu. En fait, Grand Sasso est une région très montagneuse d’Italie qui a donné son nom à la marque – spécialisée dans la maille.

montagnes gran sasso

Gran Sasso – un lieu où il doit faire bon y vivre.

Les pièces sont largement texturées ou chinées, et la marque utilise plusieurs types de lainages aux touchers et aux reflets si particuliers : laines de yak, alpagas, etc. On vous laisse découvrir l’univers et les produits par vous-même. Nous espérons parler à nouveau de cette marque dans un prochain article, tant les pièces et l’histoire de l’entreprise nous semblent intéressantes.

pulle maille yak et laine gran sasso
Le col roulé en grosse maille fait un come-back détonnant dernièrement. On apprécie la coupe, le point utilisé, la sobriété de l’ensemble. 

gilet croisé maille gran sasso
De la maille et du croisé, ça, c’est pour Sidney et Max ! Ce type de carreau semble très utilisé par la marque. C’est vraiment le type de pièce qu’on voit très peu en France !

veste bi matière gran sasso
Pas forcément facile à porter, mais peut vraiment donner un plus intéressant à une tenue composée de basiques.

veste gran sasso

Un croisé à la matière sportswear – type molleton de coton – à utiliser dépareillé et à ne pas mettre sous toutes les mains !

Herring

Chez Herring aussi, vous entendrez de belles histoires. Celle-ci débute avec son fondateur Richard Herring qui, en 1966, décide d’apprendre chez les meilleurs artisans, de les distribuer, pour finalement leur faire produire sa propre ligne de chaussures. Une chaussure faite en Angleterre, avec de véritables finitions, et un style à l’épreuve du temps. (Oui, Herring est distributeur ET marque à part entière).

Ce qui nous a le plus marqué ? Les différentes gammes qui font de cette marque un choix intéressant pour quasiment tous les budgets, mais aussi le fait que ce soit une maison familiale et non un gros vilain groupe industriel.

Nos coups de coeur ? Les voici !

Herring shoes boots herring shoes bi matière

Deux modèles très « anglais » dans leurs designs mais qui font le charme de la maison. Les chaussures sont produits par de très bons bottiers anglais.

Ce type de chaussure s’accorde sans problème avec un jean, un chino beige ou un pantalon en laine que vous choisirez unis et sobres (les deux couleurs et matières de la chaussure faisant déjà tout le boulot de « twist »).

Ingram

Après les mailles et les chaussures, passons maintenant aux chemises avec la très belle marque Ingram. Fondée en 1949, la maison Italienne est vraiment spécialisée et travaille son savoir-faire depuis des années.

affiche ingram vintage

chemise ingram texturée

C’est le genre de texture qui fait vraiment toute la différence dans une chemise blanche. Beaucoup de marques sont capables de faire une bonne chemise basique, mais y ajouter la bonne matière, le bon col, la bonne coupe rend le tout bien plus compliqué.

Bw-Yw : Nous avons fait beaucoup de belles découvertes grâce à toi et à ta page mais je pense que l’on peut aller encore plus loin. Nous t’avons pas mal vu sur des photos du Pitti Uomo ces derniers mois, et tu connais bien la “scène” internationale en ce qui concerne le vêtement, notamment les différences d’une région à l’autre, le rapport au style de chacun. Nous en avions parlé lors de notre appel, mais tu peux en dire plus ici pour nos lecteurs ?

Guillaume : je dirais en substance – et de manière peut-être trop rapide – que les différences fondamentales sont assez simples finalement. L’école Britannique est une école de la retenue, de la mesure, du « n’en faisons jamais trop ». Mes amis italiens s’en tamponnent : ils veulent plaire, ils veulent être beaux, c’est atavique et clairement mis sur la table. Je me disais d’ailleurs récemment que nous ne parlions que trop peu de sexe ou du désir de plaire finalement dans ce « milieu » qui est le nôtre. Je crois que ça devient urgent.
Les italiens sont très sexués et ça transpire dans leur tenues plus « sport/exubérantes/cool ».
Les japonais ont toujours été, en tous cas depuis les années 60, des amoureux du Ivy style. Et quand ils s’imprègnent de quelque chose, il le font en général encore mieux que leur source d’inspiration première. Ils sont aussi amateurs depuis des années de cette renaissance Italienne. Les Americains pour la plupart s’habillent très mal mais…là aussi, attention, pas tous. La jeune génération est beaucoup plus dans l’ajusté, avec une forte inspiration elle aussi italienne. Quand je pense Usa, je pense NY et Manolo Costa. Si vous ne connaissez pas, allez voir. Après avoir bossé et inspiré Ralph Lauren ou Phineas Cole/Paul Stuart, il a créé sa propre maison, et ça déchire ! Quand je pense Usa, je pense aussi à Brooklynn circus : Casual, street mais avec une vraie dose intelligente de « black ivy » comme ils disent. Et ça le fait.
Et pour clore, ne pas oublier ET les Scandinaves ET les Coréens. Ils ont tout compris avant tout le monde et se sont emparés de ce nouveau phénomène, de ce renouveau élégant avec panache et talent.

Merci Guillaume d’avoir pris le temps d’échanger avec nous sur le sujet, et merci pour ta disponibilité !

Retrouvez le sur la très bonne page Facebook : Men Need More Style.

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Jérémy Kohlmann Jérémy, rédacteur en chef et créateur de bw-yw.com, j'écris sur la mode masculine, le style et surtout j'aime le kiri. Originaire d'Alsace : si un plat ne contient pas de fromage, c'est pas un plat. PS : Le cheddar orange fluo en brique n'est pas du fromage.


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