Fashion week automne/hiver 2015 : nos coups de coeur.

Nous nous intéressons depuis un moment aux différentes fashion-week. Vous avez déjà pu lire le compte-rendu de la fashion week printemps/été 2015 de New-York, écrite par Romain Rousseau, en septembre dernier. Aujourd’hui, nous vous proposons quelque chose de bien  plus léger : une revue en images des défilés automne/hiver 2015 – avec quelques commentaires – des coups de cœur de l’équipe. Attention cependant : rien d’exhaustif là dedans ! T’es prêt Marcel ? On fait comme les grands magazines rien que pour toi !

Le choix d’Adrien

Dries Von Noten

Dries Von noten fait partie du groupe des « six d’Anvers », avec Walter Van Beirendonck, Ann Demeulemeester, Dirk Van Saene, Dirk Bikkembergs et Marina Yee. Ce groupe de stylistes belges forme l’avant-garde de la création à la fin des années 80. La première collection homme de Dries Von Noten est présentée à Londres en 1986, et son inspiration, son vocabulaire sont depuis toujours très facilement identifiables : les motifs sont très présents ; le voyage et l’interculturalité – Chine, Inde, Afrique … – semblent guider la sensibilité du styliste.

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En bas, le combo kilts et pantalons pourraient rappeler une sorte d’héritage celtique. En haut, on perçoit le travail du créateur sur la notion des bandes horizontales, synonyme, dans nos sociétés, de protection (pensez aux sapeurs pompiers par exemple). Le travail des couleurs me paraît simple, mais je trouve celui de layering intéressant et réussi.

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Sur la première photo, j’aime particulièrement la construction du manteau oversize. La silhouette est simple, mais elle fonctionne bien. À droite, les motifs sont inspirés des décorations du peuple Miao, du sud de la Chine. En bas, on note encore une fois l’utilisation de layering.

Engeenering garments

Je suis cette marque depuis quelques temps maintenant, j’avais à coeur de voir ce que son designer – Daiki Suzuki – allait proposer. L’inspiration de Suzuki se retrouve principalement dans l’équipement de chasse classique américain, le style workwear, et les vêtements militaires américains (nous y reviendrons).

 

La marque, que l’on pourrait traduire littéralement par « habits d’ingénierie »  – nommé ainsi après qu’un coupeur ait remarqué que les habits de Suzuki étaient plus des pièces d’ingénireur que des pièces de designer – réinterprète donc ces vêtements et leur ajoute par petites touches de l’art sartorial.

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Mes pièces préférées sont généralement les pantalons, très larges aux hanches notamment. Ici, un savant mélange de de style formel – veste et cravate – et de workwear.

 

Pour cette saison Suzuki a choisi d’utiliser le noir de manière pré-dominante. C’est une véritable révolution pour la marque qui jusqu’ici utilisait les couleurs de manière très développée. Pour la curiosité, je vous recommande notamment de jeter un oeil  au lookbook printemps/été 2013.

 
L’inspiration de cette collection automnale provient du Japon et des Etats-Unis du début des années 1980 – de Tokyo et de New-York notamment. À cette époque, le designer Suzuki fait de fréquents voyages d’Europe jusqu’à New-York, jusqu’à s’y installer en 1989, et c’est donc tout naturellement que ses inspirations proviennent de ce qui s’est passé dans ces deux hémisphères à cette époque.

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Suzuki a commencé par utiliser des matières qui lui rappelaient les années 80, et qu’il aimait à porter à cette époque. Pour cette collection, Suzuki a utilisé pas moins de 100 matières différentes !

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La plupart des pièces sont bleu marine, gris charbon et noir, en coton, laine et nylon, avec de nombreuses et différentes textures. D’aucuns pourraient regretter l’absence de couleurs sur les photos, mais je trouve intéressant de mettre l’accent sur les contrastes de matière, leur fluidité, sur les silhouettes elles-mêmes plutôt que sur les couleurs. C’est un travail d’architecte bien particulier que nous a proposé Suzuki cette année.

Le choix de Jérémy

Maison Margiela

Un défilé tant attendu avec l’arrivée de Galliano à la tête de la maison Margiela, et pourtant certains seront déçus, le designer ne prendra pas part à la création masculine avant le printemps 2016. Petit ouf de soulagement, il y a des choses à redire chez Margiela cette saison…

 

Même si c’est devenu commun lors des Fashion week, on regrette tout d’abord les mannequins aux joues creusées, aux attaches plus fines qu’un pied de chaise (une petite chaise…) et aux mines tristes. Si l’on comprend bien qu’un mannequin n’est qu’un cintre, nous préférerions voir un cintre en meilleure santé.

 

Passons aux vêtements. Manteaux longs, pantalons amples, cuirs brillants et perfectos revisités : rien de nouveau sous le soleil chez Margiela cette saison. On aime les imprimés fleuris que l’on a moins l’habitude de voir pour l’automne, on aime moins les cuirs trop brillants donnant une impression de simili.

 

Petit coup de coeur pour la veste patchwork – peinture – bébé en a foutu partout et pour le pantalon que l’on prendra soin de ne pas associer avec.

Défilé Margiela menswear Fall 2015

Photo: Kim Weston Arnold / Indigitalimages.com

 

Finalement et comme souvent en Fashion Week, nos coeurs balancent.

Louis Vuitton

Plus grand, plus fort, plus rapide : non ce n’est pas superman, mais la maison Louis Vuitton.
Hormis les touches de rouge et de bleu, on retrouvera les touches automnales classiques chez Kim Jones avec notamment de nombreuses teintes de beige / sable.

 

Si sont déclinés tous les types de vestes que l’on peut attendre d’une saison hivernale, on regrette le manque de volume des pantalons qui restent plutôt slims. Le designer aurait-il voulu se concentrer sur les pièces à manches ? On l’espère puisque les manteaux sont très réussis, tant au niveau textures, qu’imprimés. On retrouve d’ailleurs des cordes un peu partout !

 

Seul bémol ? Des parkas qu’on imagine plus au ski que sur les podiums et qu’on laisserait volontiers à Aigle, qui gère bien mieux les matières techniques.

Louis Vuitton Be What You Wear défilé

Photo: Kim Weston Arnold / Indigitalimages.com

 

Le coup de coeur ? Les manteaux et autres pièces d’hiver bien entendu ! (Même si les pulls sont également intéressants).

Louis Vuitton défilé decryptage bw-yw

Photo : Kim Weston Arnold / Indigitalimages.com

Dolce & Gabbana

Finissons en Italie pour un retour court mais intense sur Dolce & Gabbana !
Quand certaines marques essaient de se renouveler et d’opérer un réel reboot, on peut toujours compter sur les italiens pour puiser au coeur de leur ADN et revenir encore plus fort avec des symboles ancestraux.
 
C’est le cas de la marque Dolce et Gabbana qui a choisi de mettre l’accent sur tout ce qui fait la marque depuis des années. Symbole de la famille, dorures, broderies, costumes très voyants, tout en gardant une élégance folle. Ils ne se renouvellent pas d’un pouce mais surenchérissent sur ce qui a fait leur succès.
 
Que l’on aime ou que l’on aime pas (et là, c’est une histoire de goût), on apprécie tout de même qu’ils soient là où on les attend. S’ils ne nous surprennent pas toujours, ils ont la gentillesse de moins nous décevoir que certains. (Pas de prise de risque, pas de déception, c’est vrai…).

On note également les modèles de tous âge, pour coller à ce défilé se voulant transgénérationnel.

 

Ce qu’on aime ? Le kitsch typique des costumes et des manteaux, qui nous fait rêver sur un 17eme siècle à l’Italienne.

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Photo: Yannis Vlamos / Indigitalimages.com

 

Ce que l’on trouve dommage ? Le manque de renouveau, même si c’est finalement autant une force qu’une faiblesse.

Le choix de Max

Salut Marcel. La Fashion Week te semble bizarre et tu as du mal à t’y retrouver entre les Dick Owens et autres rigolos ? T’en fais pas ! On t’aide à décrypter deux marques vraiment cool aujourd’hui !

 

On commence par le cas d’école : Balmain !

Balmain oscille depuis toujours entre rebelles bikers et dandys modernes. Cette Fashion Week confirme cette inclinaison. En effet, le jeune Olivier Rousteing parle cette saison de sa « garde royale », de sa « nouvelle aristocratie » ! On admire le talent et l’inspiration du jeune directeur artistique, dans la droite lignée de son prédécesseur. Au programme, des matières luxueuses, des coupes belles et masculines et une cohérence impressionnante entre les différentes tenues.

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Olivier Rousteing et sa besta Rihanna !

 

Le défilé est fidèle aux paroles du directeur artistique : les codes militaires sont évidemment respectés à travers les manteaux et blazers aux épaules dures comme un char Leclerc, à travers les silhouettes volumineuses créées par les manteaux portés façon hussard, et par les détails militaires tels que les boutons dorés.

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Le vêtement militaire, l’alpha et l’oméga de la mode masculine.

 

Quant à l’aristocratie, elle est non moins évidente lorsque les mannequins défilent en manteaux, vestes et cardigans ceinturés comme des peignoirs en velours. D’ailleurs, les matières sont à nouveau d’un faste ahurissant : cuir, broderies et velours. Rien n’est trop beau pour l’homme Balmain.

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Une alliance très juste de fluidité et de structure, de formel et de décontracté.

 

Ce qu’on retient et qu’on adore : les coupes cintrées (notamment grâce aux ceintures), les manteaux tous magnifiques (si quelqu’un veut faire don du beau manteau d’officier d’ailleurs, je ne suis pas contre l’idée) et les nombreux vêtements croisés, très masculins.

Junya Watanabe

 

Le désigner de la marque éponyme frappe très fort cette saison avec sa nouvelle collection. Junya Watanabe est un créateur assez « cérébral » explorant différents motifs et univers de façon quasi-maniaque lors de chaque saison. Du plus abstrait au plus élégant, Junya Watanabe aime se focaliser sur une chose à la fois afin d’être minutieux et précis. Cette saison, le créateur japonais décide de revisiter l’univers du dandy anglais, et ce, avec beaucoup de brillo !

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Le samouraï de la coupe

 

Au programme, des smoking modernisés et une résurrection de tous les accessoires fétiches du britannique élégant. On voit ainsi s’enchaîner à la pelle des richelieus glacés, des hauts de forme, des ceinture de smoking (qui ne sont d’ailleurs pas des ceintures, donc NON aux gros sigles avec votre smoking !) et surtout les spectator shoes reviennent d’entre les morts avec beaucoup de panache.

 

Le défilé oscille tout du long entre la méticulosité de l’homme élégant et la feinte nonchalance d’un dandy. Quand on parle de méticulosité, c’en est presque un euphémisme ! Les coupes sont précises et modernes (les coupes sont parfaites à vrai dire. Vous devriez visez les mêmes avec vos costumes), les retouches mineures ont été effectuées (combien de fois a-t-on vu un défilé gaché par un collar gap ou l’absence d’une manche de chemise censée dépasser de la veste ?) et les associations de couleurs et de couleurs sont très justes. On est ici propulsé dans un univers tailleur millimétré !

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Des coupes aussi réussies et portables, ça fait plaisir !

 

Tout le défilé pourrait paraître rigide et ennuyeux avec un tel excès de précision. Et pourtant… La sprezzatura semble bien présente. En effet, les codes sont cassés subtilement à travers les pois d’une ceinture de smoking, à travers la démarche légère et désinvolte des mannequins et même à travers l’utilisation des matières parfois farfelues ! Jeans et écharpes enroulées à la va-vite finissent de rendre légères les différentes tenues.

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J’aurais presque envie de parler de « souague sartorial ! »

 

À retenir et à consommer sans modération : les nombreux accessoires qui rendent les tenues beaucoup plus intéressantes (bracelets, épingles de col, chapeaux etc.) et les jeux de matières donnant du caractère aux tenues (notamment la splendide veste de smoking façon peluche). Enfin, gardez à l’esprit que les spectator shoes méritent qu’on leur donne une chance, ne serait-ce que l’été.

Conclusion

Encore une fois, cet article n’est qu’un petit aperçu de ce que nous avons vu et aimé, mais il fallait bien sélectionner deux ou trois marques par personne pour ne pas se retrouver avec un article de 10 000 mots. Nous vous invitons à vous faire votre propre idée en regardant les défilés sur internet, de temps en temps. C’est ainsi que l’on s’éduque et que l’on « forme » son oeil, posez-vous des questions simples : quelles sont les marques que j’aime ? Quelles sont les inspirations du designer ? Qu’est ce que j’aime plus précisément ? Coupe, matières, couleurs ? Soyez pro actifs et surtout, enjoy the process !

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Jérémy, Max, Adrien
 

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Jérémy Kohlmann Jérémy, rédacteur en chef et créateur de bw-yw.com, j'écris sur la mode masculine, le style et surtout j'aime le kiri. Originaire d'Alsace : si un plat ne contient pas de fromage, c'est pas un plat. PS : Le cheddar orange fluo en brique n'est pas du fromage.


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